La domotique peut parfois impressionner. Quand on imagine une maison dans laquelle les lumières, les volets, le chauffage, les prises ou encore la serrure sont connectés, une question revient vite : que se passe-t-il si tout cela tombe en panne ?
C’est une inquiétude parfaitement compréhensible. Pourtant, une maison domotisée ne signifie pas forcément une maison entièrement dépendante de la technologie. Dans une installation bien pensée, la domotique vient surtout ajouter de nouvelles façons de commander les équipements, sans supprimer les commandes traditionnelles.
La domotique regroupe l’ensemble des technologies qui permettent d’automatiser, de programmer ou de piloter certains équipements de la maison.
On peut, par exemple, allumer une lumière à la voix, programmer la fermeture des volets à une certaine heure, modifier le chauffage depuis son téléphone ou créer des automatisations. Une lumière peut ainsi s’allumer automatiquement lorsqu’on entre dans une pièce, ou plusieurs équipements peuvent être commandés simultanément grâce à une seule action.
La domotique peut apporter du confort, permettre de réaliser des économies d’énergie et améliorer la sécurité. Mais elle constitue également un formidable levier d’accessibilité.
De plus en plus d’appareils électroménagers et d’équipements de la maison utilisent des écrans ou des commandes tactiles. Lorsqu’une personne ne peut pas facilement utiliser ces interfaces, pouvoir passer par une commande vocale, une application accessible ou une automatisation peut rendre l’appareil beaucoup plus facile à utiliser.
Mais domotiser sa maison ne signifie pas pour autant faire disparaître tous les boutons, interrupteurs et clés.
En cas de coupure d’Internet, certaines fonctions connectées peuvent effectivement devenir indisponibles. Il peut par exemple être impossible de contrôler un appareil depuis l’extérieur de la maison ou d’utiliser un service qui dépend du cloud.
Mais cela ne signifie pas forcément que les appareils deviennent inutilisables.
Une lumière connectée peut généralement toujours être commandée avec son interrupteur. Un volet peut conserver sa commande murale. Un appareil électroménager peut toujours disposer de ses commandes directes.
Et selon les équipements choisis, certaines commandes et automatisations peuvent même fonctionner localement, sans passer par Internet.
Les assistants vocaux deviennent rapidement très pratiques dans une maison connectée.
On prend facilement l’habitude de dire : « Allume la lumière », « Ferme les volets » ou « Mets le chauffage à 20 degrés ».
Mais l’erreur serait de concevoir toute la maison en partant du principe qu’un seul assistant vocal sera toujours disponible.
Si Alexa rencontre une panne, il est préférable de pouvoir encore contrôler certains équipements depuis une autre plateforme, une application ou manuellement.
Il peut donc être intéressant, lorsque cela correspond aux besoins du foyer, de disposer de plusieurs moyens de commande : par exemple des enceintes Amazon Echo utilisant Alexa dans certaines pièces et des appareils Google utilisant Gemini dans d’autres.
Google fait d’ailleurs évoluer progressivement son assistant vocal vers Gemini for Home. Il ne s’agit donc pas de la disparition de Google Home, mais d’une évolution de l’assistant qui équipe cet écosystème.
L’objectif n’est évidemment pas d’acheter deux exemplaires de chaque appareil. Il s’agit plutôt d’éviter que l’ensemble de la maison repose sur une seule porte d’entrée technologique.
C’est ici que Matter devient particulièrement intéressant.
Matter est un standard commun conçu pour améliorer la compatibilité entre les appareils domotiques et plusieurs grands écosystèmes. Lorsqu’un accessoire est compatible Matter, il peut, selon les fonctions proposées, être utilisé dans différents environnements plutôt que de dépendre uniquement d’un seul fabricant.
Concrètement, au moment d’acheter une ampoule, une prise, un capteur, un thermostat ou un autre équipement connecté, la présence du logo Matter mérite donc d’être prise en compte.
L’un des intérêts de Matter est également la possibilité, pour certains appareils, d’être associés à plusieurs écosystèmes compatibles.
Prenons une ampoule compatible Matter. Elle peut, selon les équipements et fonctions disponibles, être intégrée dans plusieurs environnements plutôt que dépendre exclusivement d’Alexa ou exclusivement de Google Home.
Cela apporte davantage de souplesse. Si demain vous changez d’assistant vocal, vous avez davantage de chances de pouvoir conserver vos accessoires au lieu de remplacer toute votre installation.
Et dans un foyer où plusieurs personnes n’utilisent pas les mêmes appareils ou les mêmes assistants, chacun peut également conserver son environnement préféré.
Matter ne garantit évidemment pas qu’aucune panne ne surviendra jamais, mais il permet de réduire une partie de la dépendance à un écosystème propriétaire unique.
Une panne du réseau Wi-Fi est différente d’une panne d’Internet.
Le Wi-Fi correspond au réseau qui permet aux appareils de communiquer dans la maison, alors qu’Internet relie ce réseau au monde extérieur.
Certains appareils domotiques utilisent directement le Wi-Fi. D’autres utilisent des technologies comme Thread, Zigbee ou différents ponts et passerelles.
Une panne du Wi-Fi peut donc avoir des conséquences différentes selon l’installation.
Là encore, conserver une commande physique reste une excellente sécurité.
Avant d’acheter un équipement, une question toute simple peut éviter bien des déconvenues : « Si mon réseau ne fonctionne plus, est-ce que je peux encore utiliser cet appareil normalement ? »
La serrure connectée est probablement l’équipement qui suscite le plus d’inquiétude.
La question est souvent très simple : « Et si ma serrure connectée tombe en panne, est-ce que je reste devant ma porte ? »
Pas nécessairement.
De nombreuses serrures connectées permettent de conserver une ouverture mécanique traditionnelle. Vous pouvez donc profiter au quotidien de l’ouverture depuis votre téléphone, votre montre, un clavier ou une automatisation tout en conservant une véritable clé.
Et cette clé reste une solution de secours extrêmement simple.
C’est justement ainsi que l’on peut aborder la domotique : ajouter une possibilité sans forcément supprimer celle qui existait auparavant.
Pour les équipements essentiels comme une porte d’entrée, il est particulièrement important de vérifier avant l’achat qu’une solution indépendante d’Internet, du smartphone et de l’assistant vocal reste disponible.
Une panne électrique est encore un autre cas.
Si toute la maison n’a plus de courant, les appareils électriques ne fonctionnent plus, qu’ils soient connectés ou non.
Une ampoule traditionnelle ne s’allumera pas davantage qu’une ampoule connectée.
Certains équipements fonctionnant sur batterie, comme des capteurs ou certaines serrures, peuvent néanmoins continuer à fonctionner.
Mais il faut garder à l’esprit qu’une panne électrique n’est pas vraiment une panne de domotique : c’est toute l’installation électrique de la maison qui est concernée.
Une prise connectée, une ampoule, un capteur ou une passerelle peut aussi tomber en panne, exactement comme n’importe quel autre appareil électronique.
C’est pourquoi il vaut mieux éviter qu’un seul élément devienne indispensable au fonctionnement de toute la maison.
On peut également domotiser progressivement son logement plutôt que tout transformer en une seule fois.
Cela permet de tester les équipements, de voir ceux qui apportent réellement quelque chose au quotidien et de construire petit à petit une installation plus robuste.
Finalement, une bonne installation domotique repose beaucoup sur la multiplication des possibilités.
Pour un même équipement, on peut idéalement disposer de plusieurs moyens de commande : l’interrupteur ou le bouton physique, une application, un assistant vocal, une automatisation et, lorsque c’est pertinent, plusieurs écosystèmes compatibles grâce à Matter.
Cette redondance est particulièrement intéressante pour l’accessibilité.
Si la commande tactile d’un appareil n’est pas accessible, la commande vocale peut prendre le relais. Si l’assistant vocal rencontre un problème, l’application accessible peut être utilisée. Et si le système connecté est indisponible, une commande physique peut encore exister.
L’accessibilité ne consiste donc pas à remplacer une façon de faire par une autre. Elle consiste aussi à multiplier les possibilités pour que chacun puisse utiliser l’équipement de la manière qui lui convient.
Il ne faut donc pas forcément avoir peur des pannes, mais il faut y penser avant d’acheter.
Lorsqu’on choisit un nouvel équipement domotique, quelques questions sont particulièrement utiles : fonctionne-t-il encore si Internet est coupé ? Existe-t-il une commande manuelle ? Pour une serrure, puis-je toujours utiliser une clé ? L’appareil fonctionne-t-il uniquement avec l’écosystème de son fabricant ? Est-il compatible avec Matter ? Peut-il être utilisé avec plusieurs plateformes ? Une partie de son fonctionnement est-elle locale ou dépend-elle entièrement d’un service en ligne ?
Ce sont finalement ces questions qui permettent de construire une maison connectée réellement pratique et durable.
La domotique ne devrait pas nous rendre dépendants de la technologie. Elle devrait au contraire multiplier nos possibilités.
Pouvoir allumer une lumière avec l’interrupteur, avec Alexa, avec Gemini, depuis son smartphone ou automatiquement n’est pas une dépendance supplémentaire : c’est avoir plusieurs chemins pour arriver au même résultat.
Et lorsqu’elle est pensée de cette manière, la domotique devient non seulement un outil de confort, mais aussi un formidable outil d’accessibilité et d’autonomie.
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