La maison connectée ne se contente plus d’exécuter des scénarios programmés : avec l’intelligence artificielle, elle commence à analyser son environnement et parfois à agir d’elle-même.
Pour ce Lundi de la domotique de Numérique Autrement, on s’intéresse à cette évolution à travers plusieurs exemples présentés à l’IFA 2026, avec une question centrale : cette maison plus autonome va-t-elle réellement simplifier notre quotidien, notamment pour les personnes en situation de handicap, ou créer de nouvelles difficultés ?
Le podcast est disponible à l’écoute ci-dessous, suivi de sa transcription complète en version texte.
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Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment.
Et si la prochaine étape de la maison connectée n’était plus de créer toujours plus d’automatisations, mais de laisser la maison comprendre elle-même ce qu’elle doit faire ?
C’est une tendance qui se dessine de plus en plus clairement à l’IFA 2026. Plusieurs fabricants ne présentent plus seulement des appareils connectés capables d’obéir à une commande. Ils commencent à montrer des systèmes qui analysent leur environnement, croisent plusieurs informations et prennent certaines décisions sans attendre une consigne précise.
Chez Haier, par exemple, l’intelligence artificielle commence à intervenir directement dans le fonctionnement des appareils. Des lave-linge utilisent une caméra et des capteurs pour reconnaître certaines caractéristiques du linge, surveiller le lavage et adapter leur comportement. Dans la cuisine, l’IA peut également intervenir dans la gestion et la conservation des aliments.
Mais l’idée va plus loin que l’électroménager.
Haier présente aussi des robots domestiques et des technologies d’assistance au mouvement. On voit donc progressivement se rapprocher deux univers que l’on séparait jusqu’ici : la maison connectée et les technologies destinées à faciliter l’autonomie.
Même évolution chez DREO avec Air Intelligence.
Ici, l’objectif est de faire travailler ensemble différents équipements liés au confort de la maison. Température, humidité, qualité de l’air ou encore activité dans le logement peuvent être analysées afin d’adapter automatiquement le fonctionnement des appareils.
Avec Home Air Pilot, DREO explique que le système pourra agir de lui-même lorsqu’il estime disposer de suffisamment d’informations pour prendre une décision fiable. En revanche, lorsqu’il s’agit d’une préférence personnelle, l’utilisateur doit conserver le contrôle.
Cette distinction est intéressante.
Une maison capable de décider qu’il faut purifier davantage l’air ou modifier le chauffage peut réellement simplifier le quotidien. Mais à partir de quel moment doit-elle demander l’autorisation ?
Cette question devient encore plus concrète avec Tuya et son robot Doova.
Doova est conçu pour accompagner les personnes âgées vivant seules. Il peut détecter une situation de chute, localiser la personne et déclencher une alerte si elle ne répond pas. Mais il peut aussi rappeler des médicaments ou des rendez-vous, expliquer un courrier ou une facture, signaler une possible tentative d’arnaque et contrôler certains équipements de la maison à la voix.
Là encore, on ne parle plus simplement d’allumer une lampe à distance.
La domotique commence à se mélanger avec l’assistance personnelle, la sécurité et l’intelligence artificielle conversationnelle.
Tuya présente également Hey Tuya, un assistant destiné à coordonner plusieurs équipements avec des commandes en langage naturel.
Et c’est probablement cette évolution qui est la plus intéressante.
Pendant longtemps, une maison connectée reposait essentiellement sur des scénarios : si telle condition se produit, alors tel appareil doit effectuer telle action.
Avec l’intelligence artificielle, on commence à passer à autre chose.
Au lieu de programmer soi-même chaque règle, on pourrait progressivement expliquer ce que l’on souhaite obtenir : avoir une température confortable, réduire sa consommation, surveiller une personne fragile ou adapter la maison à certaines habitudes.
Le système se chargerait ensuite de déterminer comment atteindre cet objectif.
Pour une personne utilisant un lecteur d’écran, ayant des difficultés cognitives ou simplement peu à l’aise avec des interfaces complexes, cette évolution pourrait rendre la domotique beaucoup plus accessible.
Mais elle pose aussi de nouvelles questions.
Que se passe-t-il lorsqu’une maison prend une mauvaise décision ? Peut-on comprendre pourquoi elle a agi ? Peut-on reprendre facilement le contrôle ? Et surtout, quelles données faut-il lui confier pour qu’elle puisse connaître suffisamment nos habitudes ?
La véritable nouveauté n’est donc peut-être pas tel robot, tel purificateur ou tel lave-linge.
C’est le changement de rôle de la maison connectée elle-même.
Elle était programmée. Elle devient progressivement capable d’interpréter, de proposer et parfois d’agir.
Reste maintenant à voir si cette intelligence supplémentaire simplifiera réellement la vie quotidienne, ou si elle ajoutera une nouvelle couche de complexité.
C’était le Lundi de la domotique sur Numérique Autrement.
À demain pour le Mardi des écosystèmes.
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